Découvrir le sud-est de la Sicile
Scicli, Raguse, le baroque du Val di Noto, les plages secrètes et la campagne des Iblei. De quoi remplir chaque journée de votre séjour.
Les lieux autour de nous


Cava d’Aliga
Hameau marin de Scicli, Cava d’Aliga doit son nom au sicilien « aliga » (les algues, la posidonie) : jadis une crique de pêcheurs, devenue un village de villégiature aux plages de sable fin. C’est ici que se trouve la maison.
- Plage de sable et criques rocheuses le long de la côte.
- Promenade en bord de mer jusqu’à Donnalucata.


Scicli
Perle du baroque du Val di Noto, classée à l’UNESCO, Scicli fut reconstruite après le séisme de 1693. Nichée entre trois collines, ses églises et palais dorés servent de décor à la série du commissaire Montalbano.
- Centre baroque classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
- Églises San Bartolomeo, San Giovanni Evangelista et San Matteo.
- Palazzo Beneventano et la via Mormino Penna.
- Décors de la série Montalbano (l’hôtel de ville = commissariat de Vigàta).

Bruca
Petite plage entre Donnalucata et Cava d’Aliga, Bruca est un coin tranquille au sable clair, qui s’anime l’été autour de sa communauté : concerts, cinéma en plein air et fêtes du Comitato Bruca.
- Plage de sable clair et eaux peu profondes.
- Réserves naturelles et sentiers le long de la côte.

Sampieri
Ancien village de pêcheurs aux maisons colorées, Sampieri déroule l’une des plus longues plages de la côte. Son charme suranné en a fait un décor récurrent des tournages de Montalbano.
- Longue plage de sable de la côte sud.
- Vieux village de pêcheurs aux maisons colorées.
- Décors de la série Montalbano.

Punta Pisciotto
Sur le promontoire se dressent les ruines de la Fornace Penna, une briqueterie du début du XXᵉ siècle ravagée par un incendie en 1924. Sa silhouette face à la mer — « la Mànnara » de Montalbano — est devenue iconique.
- Ruines de la Fornace Penna (briqueterie de 1912).
- Promontoire et côte rocheuse face à la mer.
Marina di Ragusa
Station balnéaire animée de Ragusa, Marina di Ragusa aligne une longue plage de sable (Pavillon Bleu), un port de plaisance et une promenade qui s’animent surtout l’été — baignades, apéritifs et soirées au bord de l’eau.
- Longue plage de sable (Pavillon Bleu).
- Port de plaisance et la Torre Cabrera, tour de guet du XVIᵉ siècle.
Modica
Ville baroque étagée dans une gorge, Modica est mondialement connue pour son chocolat travaillé à froid selon une recette d’origine aztèque. Son église San Giorgio compte parmi les chefs-d’œuvre du baroque sicilien.
- Duomo di San Giorgio et son escalier monumental.
- Église San Pietro et ses statues d’apôtres.
- Chocolat de Modica IGP, travaillé à froid.
Raguse
Perchée sur un éperon rocheux, Raguse se partage entre la ville haute et Ibla, son cœur baroque labyrinthique. Le duomo San Giorgio y domine une place en pente bordée de palais.
- Duomo di San Giorgio à Ibla, chef-d’œuvre de Rosario Gagliardi.
- Ruelles d’Ibla et le Jardin Ibleo.
- Cattedrale San Giovanni dans la ville haute.
Noto
Capitale du baroque du Val di Noto, Noto fut entièrement reconstruite en pierre dorée après le séisme de 1693. Son corso aligne cathédrale, palais et églises d’une théâtralité éblouissante, surtout au coucher du soleil.
- Cathédrale San Nicolò et le corso Vittorio Emanuele.
- Palazzo Nicolaci et ses balcons baroques.
- Basilique du SS. Salvatore.
Syracuse
Ancienne rivale d’Athènes, Syracuse fut l’une des plus grandes cités du monde grec. L’île d’Ortygie mêle temples antiques, ruelles baroques et bord de mer ; son parc archéologique abrite un théâtre grec et l’Oreille de Denys.
- Ortygie : le Duomo bâti sur un temple grec et la fontaine Aréthuse.
- Parc archéologique : théâtre grec et Oreille de Denys.
- Castello Maniace à la pointe d’Ortygie.
Ce qui ne s’explique pas dans un guide
Trois choses à savoir pour ne pas passer pour un touriste — et surtout pour ne pas les rater.
La granita et la brioche, c’est le petit-déjeuner
Pas un dessert : le vrai petit-déjeuner sicilien de l’été. On commande une granita — amande, citron, mûre, pistache, café — avec une brioche col tuppo, celle qui a un chignon sur la tête. Et on trempe la brioche dedans. Se lever tôt et aller la manger au bar avant que la chaleur tombe, c’est l’une des meilleures raisons d’être ici.
Arancina ou arancino ? Attention au terrain miné
La boule de riz frite divise l’île depuis des siècles : Palerme dit arancina, au féminin, Catane dit arancino, au masculin. L’Académie de la Crusca a fini par trancher — les deux sont justes : le masculin vient du dialecte (aranciu → arancinu), le féminin de l’italien (arancia → arancina). Ici, dans le Ragusano, on dit arancina. Chez Giannone, à Donnalucata, allez les commander le matin.
La passeggiata, l’heure où le village sort
Quand la chaleur tombe, tout le monde descend : on marche lentement, on s’arrête tous les dix mètres pour parler, on regarde et on se laisse regarder. Ce n’est pas une promenade, c’est un rendez-vous. Vers 19 h, sur le front de mer. Ne prévoyez rien à cette heure-là — c’est là que le village existe.
La Sicile arabe, juste sous nos pieds
En 827, les Arabes débarquent à Mazara del Vallo. Ils resteront plus de deux siècles, jusqu’à l’arrivée des Normands à la fin du XIᵉ siècle. On dit « domination arabe » comme si c’était une parenthèse : en réalité, presque tout ce qu’on aime ici en vient. Les noms des villages, ce qu’il y a dans l’assiette, l’eau dans les champs, jusqu’à la fête du village d’à côté. Quelques exemples, tous à moins de 20 km.
Donnalucata = « la source des heures »
À 3 km d’ici. Le nom vient de l’arabe ʿAyn al-awqāt. Le grand géographe al-Idrisi le note au XIIᵉ siècle : « Près de Scicli se trouve la source appelée ʿAyn al-awqāt, parce que l’eau y jaillit aux heures des prières et s’arrête à toutes les autres. » Une source qui coulait cinq fois par jour, au rythme de la prière musulmane. Le nom a traversé mille ans presque intact — on va y acheter le poisson sans y penser.
La fête de Scicli rejoue une bataille contre les Sarrasins
La Madonna delle Milizie, patronne de Scicli. Le dernier samedi de mai, le village rejoue en costumes la bataille de 1091 entre les Normands du comte Roger et les Sarrasins de l’émir Belcane — que la tradition situe dans la plaine face à la mer de Donnalucata. Une Vierge à cheval, l’épée à la main : c’est la seule au monde. Le gâteau de la fête s’appelle la « testa di turco », la tête de Turc.
Les agrumes, l’irrigation, et les mots pour les dire
Citrons, oranges amères, canne à sucre, coton, pistache, melon : ce sont les Arabes qui les apportent, avec les techniques pour les arroser dans une île sèche. Le vocabulaire est resté dans le dialecte : la saia (le canal d’irrigation, de sāqiya), la gebbia (le bassin, de jābiya), la zàgara (la fleur d’oranger, de zahra). Des mots qu’on emploie encore sans savoir qu’ils sont arabes.
Dans l’assiette, tous les jours
La granita descend du sharbat. Le couscous se mange toujours à Trapani. Le zibibbo vient de zabīb, le raisin sec. Et ce goût sicilien pour l’aigre-doux — la caponata, les pâtes aux sardines avec raisins secs et pignons — c’est une cuisine arabe passée à l’italienne. La cassata elle-même tirerait son nom de qas‘ah, le bol dans lequel on la moulait.
Les noms sur la carte routière
Quand vous conduisez, vous lisez de l’arabe. Tout ce qui commence par Calta- vient de qal‘at, la forteresse : Caltanissetta, Caltagirone. Marsala, c’est marsa, le port. Gibellina et Gibilrossa viennent de jabal, la montagne. Alcantara, c’est al-qantara, le pont. Misilmeri, manzil al-amir, la demeure de l’émir. Et près de Scicli, la contrada Balata doit son nom à balāt, la dalle de pierre.
