Parler italien ici
Pas un cours de grammaire : de quoi se débrouiller dès le premier matin, puis comprendre ce qu’on dit. On commence par prononcer, on continue par des phrases entières, la grammaire vient après — et on s’entraîne à la fin.
D’abord, prononcer
Huit règles et vous lisez l’italien à voix haute sans vous tromper. C’est la vraie porte d’entrée : on pardonne une faute de grammaire, on ne comprend pas un mot mal prononcé. L’accent tonique est marqué en majuscules.
C et G se ramollissent devant E et I. « ce, ci » se disent tch ; « ge, gi » se disent dj. Devant A, O, U, ils restent durs.
Un H glissé après C ou G les redurcit. C’est à ça que sert le H en italien : il ne se prononce jamais, il protège la consonne.
GN se dit comme dans « agneau ». GLI se dit comme le « ill » de « famille ».
SC devant E ou I se dit ch, comme dans « chat ». Devant A, O, U, il se dit sk.
Les doubles consonnes s’entendent : on tient la consonne. C’est le détail qui trahit le plus les étrangers — et parfois ça change le mot.
Toutes les voyelles se prononcent, y compris à la fin. Pas de voyelle avalée, pas de nasale : « pane » fait deux syllabes bien nettes.
L’accent tombe presque toujours sur l’avant-dernière syllabe. Quand il tombe sur la dernière, c’est écrit : caffè, città, perché.
Le Z se dit ts ou dz selon les mots — les Siciliens tirent vers le ts. Et le R se roule, sans excès : un simple battement de langue suffit.
Parler, par situation
Des phrases entières, à resservir telles quelles. On n’a jamais besoin du mot « café » tout seul — on a besoin de savoir commander un café.
Les indispensables
Buongiorno
buon·GIOR·no
Bonjour (jusqu’en début d’après-midi)
Buonasera
buo·na·SE·ra
Bonsoir — dès le milieu de l’après-midi
On passe à buonasera bien plus tôt qu’en France : vers 16 h, parfois avant.
Per favore
per fa·VO·re
S’il vous plaît
Grazie mille
GRA·zie MIL·le
Merci beaucoup
Mi scusi
mi SCU·si
Excusez-moi (à quelqu’un qu’on vouvoie)
Entre amis ou à un enfant : scusa.
Non parlo italiano, parlo francese
non PAR·lo i·ta·LIA·no
Je ne parle pas italien, je parle français
Può ripetere più lentamente?
può ri·PE·te·re più len·ta·MEN·te
Pouvez-vous répéter plus lentement ?
La phrase la plus utile du cours. Apprenez-la par cœur.
Au bar
Un caffè, per favore
un caf·FÈ per fa·VO·re
Un café, s’il vous plaît — c’est-à-dire un espresso
Un cappuccino e una brioche
un cap·puc·CI·no e u·na bri·OCHE
Un cappuccino et une brioche
Le cappuccino, c’est le matin. Jamais après un repas.
Una granita al limone con la brioche
u·na gra·NI·ta al li·MO·ne
Une granita au citron avec la brioche
Vorrei un’acqua naturale
vor·REI un ACQUA na·tu·RA·le
Je voudrais une eau plate
Gazeuse : frizzante. Vorrei est plus poli que voglio (« je veux »).
Quant’è?
quan·TÈ
Ça fait combien ?
Posso pagare con la carta?
POS·so pa·GA·re con la CAR·ta
Je peux payer par carte ?
Il conto, per favore
il CON·to per fa·VO·re
L’addition, s’il vous plaît
Au marché et dans les magasins
Quanto costa?
QUAN·to CO·sta
Combien ça coûte ?
Un chilo di pomodori, per favore
un CHI·lo di po·mo·DO·ri
Un kilo de tomates, s’il vous plaît
Un demi-kilo : mezzo chilo. Deux cents grammes : due etti.
Ne vorrei un po’ di più
ne vor·REI un po di PIÙ
J’en voudrais un peu plus
Basta così, grazie
BA·sta co·SÌ GRA·zie
Ça ira comme ça, merci
È di stagione?
è di sta·GIO·ne
C’est de saison ?
Question qui ouvre la conversation : on vous expliquera tout.
Avete del pane?
a·VE·te del PA·ne
Vous avez du pain ?
A che ora chiudete?
a che O·ra chiu·DE·te
Vous fermez à quelle heure ?
À table
Un tavolo per quattro, per favore
un TA·vo·lo per QUAT·tro
Une table pour quatre, s’il vous plaît
Che cosa mi consiglia?
che CO·sa mi con·SI·glia
Qu’est-ce que vous me conseillez ?
La meilleure question du repas : on mange toujours mieux ensuite.
Sono allergico ai crostacei
SO·no al·LER·gi·co ai cro·STA·cei
Je suis allergique aux crustacés
Une femme dit allergica. Aux fruits à coque : alla frutta secca.
Per me la pasta con le sarde
per me la PA·sta con le SAR·de
Pour moi, les pâtes aux sardines
È piccante?
è pic·CAN·te
C’est piquant ?
Era tutto buonissimo
E·ra TUT·to buo·NIS·si·mo
C’était vraiment très bon
Le -issimo est le vrai compliment italien. Utilisez-le.
Un caffè corretto, grazie
un caf·FÈ cor·RET·to
Un café « corrigé » d’un trait de liqueur
Sur la route et pour se garer
Scusi, dov’è il mercato?
SCU·si do·VÈ il mer·CA·to
Excusez-moi, où est le marché ?
È lontano da qui?
è lon·TA·no da QUI
C’est loin d’ici ?
Sempre dritto, poi a destra
SEM·pre DRIT·to poi a DE·stra
Tout droit, puis à droite — ce qu’on va vous répondre
À gauche : a sinistra. Retenez les deux, ils arrivent vite.
Il pieno, per favore
il PIE·no per fa·VO·re
Le plein, s’il vous plaît
Posso parcheggiare qui?
POS·so par·cheg·GIA·re QUI
Je peux me garer ici ?
Quanto costa un’ora?
QUAN·to CO·sta un O·ra
Combien coûte une heure ?
Ho bucato una gomma
ho bu·CA·to u·na GOM·ma
J’ai crevé un pneu
En cas de pépin
Ho bisogno di aiuto
ho bi·SO·gno di a·IU·to
J’ai besoin d’aide
Chiamate un’ambulanza
chia·MA·te un am·bu·LAN·za
Appelez une ambulance
Le numéro unique d’urgence en Italie est le 112.
Mi fa male qui
mi fa MA·le QUI
J’ai mal ici — en montrant
Montrer vaut mieux que traduire : personne ne connaît le mot « cheville » sous la douleur.
Avete qualcosa per le punture di zanzara?
a·VE·te qual·CO·sa per le pun·TU·re
Vous avez quelque chose pour les piqûres de moustique ?
Non c’è acqua calda
non CÈ ACQUA CAL·da
Il n’y a pas d’eau chaude
Il water perde
il VA·ter PER·de
Les toilettes fuient
Perdere veut dire « fuir » pour un tuyau. Et water se dit « vater ».
Può venire oggi?
può ve·NI·re OG·gi
Vous pouvez venir aujourd’hui ?
Les mots des luttes
Sciopero
SCIO·pe·ro
La grève
Se prononce « CHO-pé-ro » : SC devant I se dit ch.
Compagno, compagna
com·PA·gno · com·PA·gna
Camarade — au masculin, puis au féminin
Le mot dit aussi « compagnon » au sens amoureux : le contexte tranche.
La lotta continua
la LOT·ta con·TI·nua
La lutte continue
Non si parte!
non si PAR·te
« On ne part pas ! » — le cri de janvier 1945, ici
Le refus d’aller à la guerre. C’est le nom que l’histoire a gardé pour cette révolte.
Occupare le terre
oc·cu·PA·re le TER·re
Occuper les terres — ce que firent les paysans siciliens
Né dio né padrone
né DI·o né pa·DRO·ne
Ni dieu ni maître
Padrone veut dire le patron, le propriétaire, le maître — les trois à la fois.
L’unione fa la forza
lu·NIO·ne fa la FOR·za
L’union fait la force
Ora e sempre Resistenza
O·ra e SEM·pre re·si·STEN·za
« Maintenant et toujours, Résistance » — la formule de Piero Calamandrei
Gravée sur les monuments aux partisans dans toute l’Italie. On la lit encore sur les murs le 25 avril, jour de la Libération.
Pastasciutta
pa·sta·SCIUT·ta
La pâte égouttée et assaisonnée — par opposition à la pâte en bouillon
SCI se dit « chi » : pa-sta-CHOU-ta. C’est le plat du dimanche, et le nom d’une fête antifasciste — voir « La pastasciutta » sur la page La région.
Il 25 luglio 1943 cadde il fascismo
ven·ti·CIN·que LU·glio
Le 25 juillet 1943, le fascisme est tombé
Ce jour-là, la famille Cervi a distribué des quintaux de pâtes à tout son village. On refait le geste chaque 25 juillet.
Burro e formaggio
BUR·ro e for·MAG·gio
Beurre et fromage — l’assaisonnement de la fête
En 1943, c’était un festin. Ni tomate ni viande : c’est précisément ce que la fête raconte.
Fucilare
fu·ci·LA·re
Fusiller
Les sept frères Cervi ont été fusillés le 28 décembre 1943, cinq mois après la fête.
Dopo un raccolto ne viene un altro
DO·po un rac·COL·to
« Après une récolte il en vient une autre » — la phrase d’Alcide Cervi
Ce qu’a répondu le père, qui avait perdu ses sept fils le même jour. Raccolto, c’est la récolte — le mot sert aussi au marché.
Odio gli indifferenti
O·dio gli in·dif·fe·REN·ti
« Je hais les indifférents » — Antonio Gramsci, 1917
La phrase la plus citée de Gramsci, écrite à vingt-six ans dans La Città Futura. Elle vise ceux qui ne prennent pas parti.
Pessimismo dell’intelligenza, ottimismo della volontà
pes·si·MI·smo · ot·ti·MI·smo
« Pessimisme de l’intelligence, optimisme de la volonté » — Gramsci
Gramsci l’emprunte à Romain Rolland et en fait sa devise. Voir clair sans renoncer à agir : tout le programme en six mots.
Errico Malatesta è stato il più grande anarchico italiano
ER·ri·co ma·la·TE·sta
Errico Malatesta a été le plus grand anarchiste italien
Né en 1853, mort à Rome en 1932 sous surveillance fasciste. « è stato », c’est le passé composé — le temps du cours.
Sacco e Vanzetti sono stati giustiziati nel 1927
SAC·co e van·ZET·ti
Sacco et Vanzetti ont été exécutés en 1927
Deux ouvriers anarchistes italiens condamnés à mort aux États-Unis au terme d’un procès inique — un symbole mondial de l’injustice.
L’anarchico Pinelli è morto in questura
la·NAR·chi·co pi·NEL·li
L’anarchiste Pinelli est mort au commissariat
Giuseppe Pinelli, cheminot, tombé d’une fenêtre de la questure de Milan en 1969. Dario Fo en a tiré « Mort accidentelle d’un anarchiste ».
Pietro Gori ha scritto canzoni anarchiche
PIE·tro GO·ri
Pietro Gori a écrit des chansons anarchistes
Avocat et poète, auteur d’« Addio a Lugano ». Participe irrégulier : scrivere → scritto.
Camillo Berneri è morto a Barcellona nel 1937
ca·MIL·lo ber·NE·ri
Camillo Berneri est mort à Barcelone en 1937
Intellectuel anarchiste, assassiné pendant la guerre d’Espagne par des agents staliniens.
Luigi Fabbri ha scritto contro il fascismo
lu·I·gi FAB·bri
Luigi Fabbri a écrit contre le fascisme
Théoricien anarchiste, ami de Malatesta, mort en exil en Uruguay en 1935.
Virgilia D’Andrea è stata una poetessa anarchica
vir·GI·lia dan·DRE·a
Virgilia D’Andrea a été une poétesse anarchiste
Poétesse et militante, exilée par le fascisme, morte à New York en 1933. « è stata » s’accorde au féminin.
Armando Borghi ha guidato il sindacato anarchico
ar·MAN·do BOR·ghi
Armando Borghi a dirigé le syndicat anarchiste
Figure de l’anarcho-syndicalisme, à la tête de l’Unione Sindacale Italiana (USI), puis exilé par le fascisme.
Leda Rafanelli ha aperto una casa editrice anarchica
LE·da ra·fa·NEL·li
Leda Rafanelli a ouvert une maison d’édition anarchiste
Écrivaine et typographe, figure de l’anarchisme individualiste. Participe irrégulier : aprire → aperto.
La Settimana Rossa è scoppiata nel giugno 1914
set·ti·MA·na ROS·sa
La Semaine rouge a éclaté en juin 1914
Insurrection partie d’Ancône, où Malatesta militait, contre la répression militaire. « è scoppiata » : essere, accordé au féminin (la settimana).
Faire connaissance
Come si chiama?
CO·me si CHIA·ma
Comment vous appelez-vous ? (vouvoiement)
Entre jeunes ou entre amis : come ti chiami ?
Mi chiamo Mag, e lei?
mi CHIA·mo MAG e LEI
Je m’appelle Mag, et vous ?
Siamo francesi, in vacanza a Cava d’Aliga
SIA·mo fran·CE·si
Nous sommes français, en vacances à Cava d’Aliga
È la prima volta che veniamo qui
è la PRI·ma VOL·ta
C’est la première fois qu’on vient ici
Che bello!
che BEL·lo
Que c’est beau ! — ou simplement : super !
S’emploie pour tout : un paysage, une nouvelle, un plat.
Ci vediamo domani
ci ve·DIA·mo do·MA·ni
À demain
Buona giornata!
BUO·na gior·NA·ta
Bonne journée !
Le présent
Quand s’en servir
Ce qu’on fait maintenant, ce qu’on fait d’habitude — et, en italien courant, ce qu’on va faire tout à l’heure : « domani parto » veut dire « je pars demain ».
Comment ça se fabrique
On enlève la terminaison de l’infinitif (-are, -ere, -ire) et on ajoute celle de la personne. Trois familles, trois séries de terminaisons — et elles se ressemblent beaucoup.
parlareparler
- io
- parlo
- tu
- parli
- lui / lei
- parla
- noi
- parliamo
- voi
- parlate
- loro
- parlano
prendereprendre
- io
- prendo
- tu
- prendi
- lui / lei
- prende
- noi
- prendiamo
- voi
- prendete
- loro
- prendono
dormiredormir
- io
- dormo
- tu
- dormi
- lui / lei
- dorme
- noi
- dormiamo
- voi
- dormite
- loro
- dormono
essereêtre
- io
- sono
- tu
- sei
- lui / lei
- è
- noi
- siamo
- voi
- siete
- loro
- sono
avereavoir
- io
- ho
- tu
- hai
- lui / lei
- ha
- noi
- abbiamo
- voi
- avete
- loro
- hanno
andarealler
- io
- vado
- tu
- vai
- lui / lei
- va
- noi
- andiamo
- voi
- andate
- loro
- vanno
farefaire
- io
- faccio
- tu
- fai
- lui / lei
- fa
- noi
- facciamo
- voi
- fate
- loro
- fanno
volerevouloir
- io
- voglio
- tu
- vuoi
- lui / lei
- vuole
- noi
- vogliamo
- voi
- volete
- loro
- vogliono
poterepouvoir
- io
- posso
- tu
- puoi
- lui / lei
- può
- noi
- possiamo
- voi
- potete
- loro
- possono
Ce qui piège
Le pronom (io, tu…) se dit rarement : la terminaison suffit à dire qui parle. « Parlo » veut déjà dire « je parle ». Et certains verbes en -ire intercalent -isc- : capire donne capisco, capisci, capisce, capiamo, capite, capiscono.
Le passé composé
Quand s’en servir
Tout ce qui est fait : hier, ce matin, l’an dernier. C’est le passé de la conversation — les Italiens s’en servent là où le français hésiterait avec l’imparfait.
Comment ça se fabrique
Auxiliaire au présent + participe passé. Avere pour la plupart des verbes ; essere pour les verbes de mouvement et d’état (andare, venire, restare, essere, nascere…). Participes : -are donne -ato, -ere donne -uto, -ire donne -ito.
parlarej’ai parlé…
- io
- ho parlato
- tu
- hai parlato
- lui / lei
- ha parlato
- noi
- abbiamo parlato
- voi
- avete parlato
- loro
- hanno parlato
andareje suis allé(e)…
- io
- sono andato/a
- tu
- sei andato/a
- lui / lei
- è andato/a
- noi
- siamo andati/e
- voi
- siete andati/e
- loro
- sono andati/e
mangiarej’ai mangé…
- io
- ho mangiato
- tu
- hai mangiato
- lui / lei
- ha mangiato
- noi
- abbiamo mangiato
- voi
- avete mangiato
- loro
- hanno mangiato
esserej’ai été / je suis allé(e)…
- io
- sono stato/a
- tu
- sei stato/a
- lui / lei
- è stato/a
- noi
- siamo stati/e
- voi
- siete stati/e
- loro
- sono stati/e
Ce qui piège
Avec essere, le participe s’accorde : une femme dit sono andata. Et les participes les plus courants sont irréguliers, il faut les apprendre : fare → fatto, prendere → preso, dire → detto, vedere → visto, aprire → aperto, chiudere → chiuso, leggere → letto, scrivere → scritto, bere → bevuto, venire → venuto, rimanere → rimasto, mettere → messo.
Le futur
Quand s’en servir
Ce qui arrivera plus tard, et surtout les promesses et les suppositions : « sarà bello » veut dire aussi bien « ce sera beau » que « ça doit être beau ». Pour demain, le présent suffit le plus souvent.
Comment ça se fabrique
Un seul jeu de terminaisons pour les trois familles : -ò, -ai, -à, -emo, -ete, -anno. Les verbes en -are prennent un e à la place du a : parlare donne parlerò.
parlareje parlerai…
- io
- parlerò
- tu
- parlerai
- lui / lei
- parlerà
- noi
- parleremo
- voi
- parlerete
- loro
- parleranno
prendereje prendrai…
- io
- prenderò
- tu
- prenderai
- lui / lei
- prenderà
- noi
- prenderemo
- voi
- prenderete
- loro
- prenderanno
dormireje dormirai…
- io
- dormirò
- tu
- dormirai
- lui / lei
- dormirà
- noi
- dormiremo
- voi
- dormirete
- loro
- dormiranno
essereje serai…
- io
- sarò
- tu
- sarai
- lui / lei
- sarà
- noi
- saremo
- voi
- sarete
- loro
- saranno
averej’aurai…
- io
- avrò
- tu
- avrai
- lui / lei
- avrà
- noi
- avremo
- voi
- avrete
- loro
- avranno
Ce qui piège
Quelques verbes très courants perdent une voyelle : andare → andrò, fare → farò, potere → potrò, volere → vorrò, venire → verrò, dovere → dovrò. Ce sont les mêmes irréguliers que partout, autant les apprendre une bonne fois.
Par les chansons
Une chanson entre par l’oreille et reste, là où une liste de mots s’efface. Pour chacune : de quoi elle parle, les mots à avoir en tête avant d’écouter, et ce qu’elle apprend de la langue.
Bella ciao
Traditionnel — anonyme · XIXᵉ-XXᵉ s.Il canto dei partigiani italiani, diventato quello di tutte le resistenze. Si canta ogni 25 aprile, giorno della Liberazione.
Le chant des partisans italiens, devenu celui de toutes les résistances. On le chante chaque 25 avril, jour de la Libération.
1. Una mattina, l’invasore
1. Un matin, l’envahisseur
Il canto si apre su un risveglio: chi parla si alza e trova il paese occupato. Tutto parte da lì.
Le chant s’ouvre sur un réveil : celui qui parle se lève et trouve le pays occupé. Tout part de là — un homme ordinaire, un matin ordinaire, et une décision à prendre.
2. L’addio, nel ritornello
2. L’adieu, en refrain
Tra una strofa e l’altra torna lo stesso addio, ripetuto fino a diventare una scansione. È questo che la rende cantabile in mille.
Entre chaque couplet revient le même adieu, répété jusqu’à devenir une scansion. C’est ce retour qui fait qu’on retient la chanson sans l’avoir apprise — et qui la rend chantable à mille.
3. Portami via
3. Emmène-moi
Chiede al partigiano di portarlo via: è il momento in cui sceglie di partire. È un imperativo con il pronome attaccato al verbo.
Il demande au partisan de l’emmener : c’est le moment où il choisit de partir se battre. La formule est un impératif avec le pronom collé au verbe — très italien, impossible en français.
4. Se muore
4. S’il meurt
Immagina la propria morte e lascia le sue istruzioni: che lo seppelliscano in montagna. Il canto non promette nessuna vittoria.
Il envisage sa mort et laisse ses instructions : qu’on l’enterre à la montagne. Le chant ne promet aucune victoire — il regarde en face ce qu’il peut en coûter, et c’est ce qui le rend grave plutôt que martial.
5. Il fiore, e chi passerà
5. La fleur, et ceux qui passeront
Sulla tomba nasce un fiore, e chi passa lo noterà. Le ultime strofe sono al futuro: finisce su ciò che verrà dopo. L’ultima parola è « libertà ».
Sur la tombe pousse une fleur, et les passants la remarqueront. Ces derniers couplets sont au futur : la chanson finit sur ce qui viendra après, pas sur celui qui meurt. Le dernier mot est « liberté ».
Les mots à connaître
- ciao CIAO
- salut — et aussi adieu : le mot sert à l’arrivée comme au départ
- il partigiano il par·ti·GIA·no
- le partisan, le résistant
- l’invasore lin·va·SO·re
- l’envahisseur
- la montagna la mon·TA·gna
- la montagne — là où les partisans se cachaient
- seppellire sep·pel·LI·re
- enterrer
- il fiore il FIO·re
- la fleur — celle qui pousse sur la tombe, à la fin
- una mattina u·na mat·TI·na
- un matin — c’est ainsi que tout commence
- svegliarsi sve·GLIAR·si
- se réveiller
- portare via por·TA·re VI·a
- emmener — « portami via » veut dire « emmène-moi »
- morire mo·RI·re
- mourir
- la tomba la TOM·ba
- la tombe
- l’ombra LOM·bra
- l’ombre
- la gente la GEN·te
- les gens — singulier en italien, pluriel en français
- passare pas·SA·re
- passer — « passeranno », ils passeront
- la libertà la li·ber·TÀ
- la liberté — le dernier mot de la chanson
Ce qu’elle apprend
È costruita sull’imperativo e sul futuro, e soprattutto ripete: per questo si impara senza studiarla.
Elle est bâtie sur l’impératif et le futur : « portami via » (emmène-moi), « seppellire » à l’infinitif après un verbe de volonté. Et surtout, elle répète — c’est pour ça qu’on la retient sans l’apprendre.
L’italiano
Toto Cutugno · 19831. Buongiorno Italia
1. Bonjour l’Italie
La canzone si apre salutando il paese, poi allinea immagini della vita italiana. Un inventario più che un racconto: un ritratto per accumulo.
La chanson s’ouvre en saluant le pays, puis enchaîne une série d’images de la vie italienne — ce qu’on mange, ce qu’on boit, ce qu’on regarde. Un inventaire, pas un récit : c’est un portrait par accumulation.
2. Le contraddizioni
2. Les contradictions
Cutugno mette accanto ciò di cui si è fieri e ciò di cui lo si è meno. Il personaggio non è idealizzato: per questo tutti ci si riconoscono.
Cutugno met côte à côte ce dont on est fier et ce dont on l’est moins. Le personnage n’est pas idéalisé : c’est ce mélange qui fait que tout le monde s’y reconnaît, y compris hors d’Italie.
3. Il ritornello: lasciatemi cantare
3. Le refrain : laissez-moi chanter
La richiesta è modesta: che lo lascino cantare, con la chitarra in mano, perché è italiano. È la frase che tutti conoscono, e la più interessante dal punto di vista grammaticale.
La demande est modeste — qu’on le laisse chanter, guitare en main, parce qu’il est italien. C’est la phrase que le monde entier connaît, et grammaticalement la plus intéressante de la chanson : « lasciatemi » colle le pronom au verbe.
Les mots à connaître
- lasciare la·SCIA·re
- laisser — « lasciatemi » veut dire « laissez-moi »
- cantare can·TA·re
- chanter
- la chitarra la chi·TAR·ra
- la guitare — attention, « chi » se dit ki
- orgoglioso or·go·GLIO·so
- fier
- la mano la MA·no
- la main — un des rares mots en -o qui soit féminin
- buongiorno Italia buon·GIOR·no i·TA·lia
- bonjour l’Italie — la formule qui ouvre la chanson
- il mattino il mat·TI·no
- le matin
- il presidente il pre·si·DEN·te
- le président
- partigiano par·ti·GIA·no
- partisan — le mot revient d’une chanson à l’autre
- il cappellino il cap·pel·LI·no
- le petit chapeau — le diminutif en -ino est partout en italien
- la bandiera la ban·DIE·ra
- le drapeau
- la televisione la te·le·vi·SIO·ne
- la télévision
- il canto il CAN·to
- le chant
- l’amore la·MO·re
- l’amour — masculin en italien
- il cuore il CUO·re
- le cœur
- la mamma la MAM·ma
- la maman — mot central de la chanson comme de l’Italie
- il caffè il caf·FÈ
- le café — celui du bar, serré
- vero VE·ro
- vrai — « un vero italiano »
- sognare so·GNA·re
- rêver
- troppo TROP·po
- trop
Ce qu’elle apprend
Insegna l’imperativo con il pronome attaccato al verbo: lasciatemi. Molto italiano.
Elle enseigne l’impératif de politesse au pluriel : lasciatemi, c’est « laissez-moi », avec le pronom collé au verbe. C’est très italien — en français on le mettrait devant.
Via con me
Paolo Conte · 19811. L’invito
1. L’invitation
Tutto sta nel titolo: vieni con me, andiamo. Conte non dice né dove né perché: l’invito resta aperto.
Tout tient dans le titre : viens avec moi, partons. Conte ne dit ni où ni pourquoi — l’invitation reste ouverte, et c’est ce qui la rend séduisante plutôt que pressante.
2. L’inglese dentro l’italiano
2. L’anglais au milieu de l’italien
A metà brano spunta un’esclamazione in inglese. Non è casuale: nell’Italia del 1981 l’inglese è il cinema, l’America, l’altrove.
Au milieu du morceau surgit une exclamation en anglais. Elle n’est pas là par hasard : dans l’Italie de 1981, l’anglais c’est le cinéma, l’Amérique, l’ailleurs. Conte s’en sert avec ironie autant qu’avec tendresse.
3. Il ritmo più delle parole
3. Le rythme plutôt que les mots
Ascoltatela prima per la voce e la scansione. Conte mangia le sillabe come si fa parlando davvero: ottimo esercizio d’orecchio.
Écoutez-la d’abord pour la voix et la scansion. Conte avale les syllabes comme on le fait en parlant vraiment — c’est un excellent exercice d’oreille, bien plus utile qu’un texte lu lentement.
Les mots à connaître
- via VI·a
- au loin, partons — le même mot veut dire « rue »
- con me con ME
- avec moi
- gli uomini gli UO·mi·ni
- les hommes — pluriel irrégulier de « uomo »
- perdere PER·de·re
- perdre
- la notte la NOT·te
- la nuit
- meraviglioso me·ra·vi·GLIO·so
- merveilleux — ce que « wonderful » dit en italien
- andare an·DA·re
- aller, partir
- il locale il lo·CA·le
- le bar, l’endroit où l’on sort le soir
- l’America la·ME·ri·ca
- l’Amérique — l’ailleurs rêvé de toute une génération
- il tempo il TEM·po
- le temps — celui qui passe, et aussi la météo
- la stagione la sta·GIO·ne
- la saison
- ridere RI·de·re
- rire
- guardare guar·DA·re
- regarder
- ballare bal·LA·re
- danser
- il mondo il MON·do
- le monde
- strano STRA·no
- étrange, bizarre
- dolce DOL·ce
- doux, sucré — les deux à la fois
- insieme in·SIE·me
- ensemble
- lontano lon·TA·no
- loin
Ce qu’elle apprend
Mostra l’imperativo dell’invito e il plurale irregolare uomo → uomini. Ascoltatela per il ritmo: Conte mangia le sillabe come si fa parlando.
Elle montre l’impératif de l’invitation, celui qu’on emploie entre amis, et le pluriel irrégulier uomo → uomini. Écoutez-la surtout pour le rythme : Conte avale les syllabes comme on parle vraiment.
1908
Tony Canto · 2016Tony Canto è di Messina, e il 1908 è la data che pesa sulla sua città: il terremoto che la rase al suolo. Ne ha fatto una canzone sulla paura che resta, molto dopo.
Tony Canto est de Messine, et 1908 est la date qui hante sa ville : le tremblement de terre qui l’a rasée, le plus meurtrier de l’histoire européenne. Il en a fait une chanson — sur la peur qui reste, longtemps après, et qui décourage d’entreprendre.
Les mots à connaître
- il terremoto il ter·re·MO·to
- le tremblement de terre
- la paura la pa·U·ra
- la peur
- la città la cit·TÀ
- la ville — accent écrit sur la dernière syllabe
- crollare crol·LA·re
- s’effondrer
- ricostruire ri·co·stru·I·re
- reconstruire — le préfixe ri- veut dire « de nouveau »
- la memoria la me·MO·ria
- la mémoire, le souvenir
- il mare il MA·re
- la mer — le détroit, à Messine
Ce qu’elle apprend
Il prefisso ri- è ovunque: ricostruire, rivedere, ripetere. Una volta capito, si indovinano decine di verbi.
Le préfixe ri- est partout en italien et se comprend d’un coup : ricostruire, rivedere, ripetere. Une fois qu’on l’a repéré, on devine des dizaines de verbes sans les avoir appris.
Storia d’emigrante
Teresa Merante · 2006La storia di un emigrante — quella di milioni di meridionali partiti a cercare lavoro altrove, e quella di questa casa.
L’histoire d’un émigrant — celle de millions d’Italiens du Sud partis chercher du travail ailleurs, et celle de cette maison : Salvatore est parti pour la Belgique à dix-neuf ans.
Les mots à connaître
- l’emigrante le·mi·GRAN·te
- l’émigrant — celui qui part ; celui qui arrive, c’est l’immigrato
- la valigia la va·LI·gia
- la valise — celle en carton, dans toutes les photos de l’époque
- partire par·TI·re
- partir
- tornare tor·NA·re
- revenir — le verbe de tous ceux qui espéraient rentrer
- il lavoro il la·VO·ro
- le travail
- la terra la TER·ra
- la terre — le pays qu’on quitte
- lontano lon·TA·no
- loin
- la nostalgia la no·stal·GI·a
- la nostalgie, le mal du pays
Ce qu’elle apprend
Il titolo mostra l’elisione: di emigrante diventa d’emigrante.
Le titre montre l’élision : di emigrante devient d’emigrante. L’italien fait sauter la voyelle devant une autre voyelle, comme le français — c’est ce qui donne l’apostrophe.
Gnè, Gnè
Giorgio Conte · 2003Giorgio Conte è il fratello di Paolo, e il titolo non è una parola: « gnè gnè » è l’onomatopea della presa in giro.
Giorgio Conte est le frère de Paolo, et son titre n’est pas un mot : « gnè gnè » est l’onomatopée de la moquerie, ce qu’on lance en imitant quelqu’un. Le genre de chose qu’aucun manuel n’enseigne, et qu’on entend partout.
Les mots à connaître
- gnè gnè GNÈ GNÈ
- na na nère — l’onomatopée de la moquerie
- prendere in giro PREN·de·re in GI·ro
- se moquer de quelqu’un — mot à mot, « prendre en rond »
- scherzare scher·ZA·re
- plaisanter
- ridere RI·de·re
- rire
- il fratello il fra·TEL·lo
- le frère — celui de Paolo Conte, justement
- la canzone la can·ZO·ne
- la chanson
Ce qu’elle apprend
Le onomatopee sono una lingua a parte: boh, mah, uffa, magari. Impararne quattro fa una gran differenza.
Les onomatopées sont une langue à part, et elles ne se traduisent pas : boh (aucune idée), mah (dubitatif), uffa (ras-le-bol), magari (si seulement !). En apprendre quatre vous fera passer pour quelqu’un qui parle vraiment.
Parla più piano
Gianni Morandi · 1972La melodia del Padrino, cantata in italiano. Nino Rota l’aveva scritta per il film; Morandi le ha dato le parole. È una canzone d’amore sussurrata, non una storia di mafia.
La mélodie du Parrain, chantée en italien. Nino Rota l’avait écrite pour le film ; Morandi lui a donné des mots — « parle plus bas », dit le titre, et c’est une chanson d’amour murmurée, pas une histoire de mafia.
Les mots à connaître
- parlare par·LA·re
- parler — « parla » à l’impératif : parle
- più PIÙ
- plus — le comparatif se fait avec ce seul mot
- piano PIA·no
- doucement, bas — et aussi « lentement », et « l’étage »
- nessuno nes·SU·no
- personne, aucun
- sentire sen·TI·re
- entendre — et sentir : le même verbe pour les deux
- l’amore la·MO·re
- l’amour
- la notte la NOT·te
- la nuit
- vicino vi·CI·no
- près, proche — le contraire de lontano
Ce qu’elle apprend
Il comparativo si fa con « più »: più piano, più lontano, più bello. Nessuna eccezione.
Le comparatif italien tient en un mot : più. Plus doucement, più piano ; plus loin, più lontano ; plus beau, più bello. Aucune exception à retenir — l’une des choses les plus faciles de la langue.
Mi sono innamorato di te
Luigi Tenco · 1962Tenco canta l’amore senza enfasi, quasi controvoglia. Quel pudore ha fatto scuola: è l’atto di nascita della canzone d’autore italiana.
Tenco chante l’amour sans emphase, presque à contrecœur — le titre dit « je suis tombé amoureux de toi », et la chanson explique surtout qu’il n’avait rien demandé. Cette pudeur-là a fait école : c’est l’acte de naissance de la chanson d’auteur italienne.
Les mots à connaître
- innamorarsi in·na·mo·RAR·si
- tomber amoureux — verbe pronominal, comme en français
- mi sono innamorato mi SO·no in·na·mo·RA·to
- je suis tombé amoureux — une femme dirait innamorata
- di te di TE
- de toi
- perché per·CHÉ
- parce que — et aussi pourquoi : le même mot pour les deux
- la sera la SE·ra
- le soir
- la noia la NO·ia
- l’ennui — un mot très présent chez Tenco
- niente NIEN·te
- rien
- il cuore il CUO·re
- le cœur
Ce qu’elle apprend
Il titolo è un passato prossimo riflessivo: l’ausiliare è sempre essere e il participio si accorda — innamorato, innamorata.
Le titre est un passé composé pronominal : mi sono innamorato. Avec un verbe pronominal, l’auxiliaire est toujours essere, et le participe s’accorde — innamorato pour un homme, innamorata pour une femme. C’est la règle qui trahit le plus les débutants.
Mamma Cicciu mi tocca
Santina Romeo · TraditionnelUn detto della zona di Messina, diventato canzone. Prende in giro chi si lamenta ad alta voce di ciò che in realtà cerca: prima si protesta, poi si richiede appena nessuno guarda.
Un dicton de la région de Messine, devenu chanson. Il moque celui qui se plaint tout haut de ce qu’il cherche tout bas : on proteste d’abord, puis on redemande dès que personne ne regarde. Toute la malice sicilienne tient dans ce renversement.
Les mots à connaître
- la mamma la MAM·ma
- la maman — même mot en sicilien et en italien
- Cicciu CIC·ciu
- Cicciu — le diminutif sicilien de Francesco, comme Ciccio en italien
- toccare toc·CA·re
- toucher — « mi tocca », il me touche
- lamentarsi la·men·TAR·si
- se plaindre — verbe pronominal, comme innamorarsi
- il detto il DET·to
- le dicton, le proverbe
- non c’è non CÈ
- il n’y a pas, elle n’est pas là — la tournure la plus utile de la langue
Ce qu’elle apprend
Il siciliano non è un accento ma una lingua a sé, con la sua grammatica: qui si dice tocchimi dove l’italiano direbbe toccami.
Le sicilien n’est pas un accent, c’est une langue à part, avec sa grammaire et son Wikipédia. On l’entend au village bien plus que l’italien de la télévision : ici on dit tocchimi là où l’italien dirait toccami. Repérer ces petits écarts, c’est comprendre ce qui se dit autour de soi.
Ancora tu
Lucio Battisti · 1976Battisti è alla canzone italiana ciò che i Beatles sono a quella inglese. Il titolo dice « ancora tu »: qualcuno torna, e non si sa ancora se sia una buona notizia.
Battisti est à la chanson italienne ce que les Beatles sont à l’anglaise : tout le monde connaît les mélodies, même sans savoir de qui elles sont. Le titre dit « encore toi » — quelqu’un revient, et on ne sait pas encore si c’est une bonne nouvelle.
Les mots à connaître
- ancora an·CO·ra
- encore — et aussi « toujours », et « pas encore » avec non
- tornare tor·NA·re
- revenir
- insieme in·SIE·me
- ensemble
- meglio ME·glio
- mieux — irrégulier : ce n’est pas « più bene »
- stanco STAN·co
- fatigué
- davvero dav·VE·ro
- vraiment
- la voglia la VO·glia
- l’envie — « ho voglia di », j’ai envie de
Ce qu’elle apprend
Attenzione ad « ancora »: vale di nuovo, tuttora, e — con non — non ancora. Non è ancora pronto.
Attention à « ancora » : selon la phrase, il veut dire encore, toujours, ou — avec non — pas encore. Non è ancora pronto : ce n’est pas encore prêt. Un mot, trois usages, et c’est le contexte qui tranche.
Giovanni telegrafista
Enzo Jannacci · 1968Jannacci era cardiologo di giorno e cantante di sera, e ha passato la vita a raccontare la gente piccola di Milano. Qui è un telegrafista.
Jannacci était cardiologue le jour et chanteur le soir, et il a passé sa vie à raconter les petites gens de Milan — les clochards, les manœuvres, les employés. Ici c’est un télégraphiste. Personne n’a fait rire et pleurer les mêmes gens avec autant de tendresse.
Les mots à connaître
- il telegrafista il te·le·gra·FI·sta
- le télégraphiste — les noms en -ista sont masculins ou féminins sans changer
- il lavoro il la·VO·ro
- le travail
- solo SO·lo
- seul — et aussi « seulement »
- il messaggio il mes·SAG·gio
- le message
- aspettare a·spet·TA·re
- attendre — sans préposition : aspetto te, je t’attends
- la gente la GEN·te
- les gens — singulier en italien
- povero PO·ve·ro
- pauvre — avant le nom, il veut dire « qui fait pitié »
Ce qu’elle apprend
I nomi in -ista non cambiano tra maschile e femminile: cambia solo l’articolo.
Les noms en -ista ne changent pas au masculin et au féminin : il telegrafista, la telegrafista ; il giornalista, la giornalista. Seul l’article bouge. C’est une famille entière de mots réglée d’un coup.
Immensità
Andrea Laszlo De Simone · 2017La canzone d’autore italiana di oggi, nella scia di Battisti e di Tenco. De Simone scrive, suona e registra quasi tutto da solo.
La chanson d’auteur italienne d’aujourd’hui, dans la lignée de Battisti et de Tenco — De Simone écrit, joue et enregistre presque tout lui-même. Preuve que le genre n’est pas un souvenir : il continue de s’écrire.
Les mots à connaître
- l’immensità lim·men·si·TÀ
- l’immensité — encore un mot en -tà, donc féminin et invariable
- il cielo il CIE·lo
- le ciel
- perdersi PER·der·si
- se perdre — pronominal, comme innamorarsi
- il tempo il TEM·po
- le temps
- grande GRAN·de
- grand — même forme au masculin et au féminin
- guardare guar·DA·re
- regarder
- restare re·STA·re
- rester — se conjugue avec essere au passé
Ce qu’elle apprend
Le parole in -tà sono femminili, invariabili al plurale e accentate in fondo: libertà, città, immensità.
Tous les mots en -tà sont féminins, invariables au pluriel, et accentués sur la fin : la libertà, la città, la solidarietà, l’immensità. Les reconnaître, c’est savoir d’avance leur genre et leur accent — trois règles pour le prix d’une.
Vitti ’na crozza
Franco Li Causi — texte populaire · 1950La si crede allegra perché la cantano tutti. Comincia su una crozza — un teschio — posata su un muretto, che chiede a chi passa di dargli sepoltura. Il testo viene da uno zolfataro di Favara, Giuseppe Cibardo Bisaccia, che lo recitò a Pietro Germi sul set del Cammino della speranza, nel 1950. Franco Li Causi ci mise la melodia, e fu riconosciuto autore solo nel 1979.
On la croit gaie parce qu’on la chante partout. Elle commence sur un crâne posé sur un muret — crozza, en sicilien, c’est le crâne — qui demande à celui qui passe de lui donner une sépulture. Le texte vient d’un mineur de soufre de Favara, Giuseppe Cibardo Bisaccia, qui l’a récité au cinéaste Pietro Germi sur le tournage du Cammino della speranza, en 1950. Franco Li Causi a mis la mélodie dessus — et n’a été reconnu comme auteur qu’en 1979, vingt-neuf ans plus tard.
Les mots à connaître
- la crozza la CROZ·za
- le crâne — mot sicilien, pas italien ; en italien on dit il teschio
- il teschio il TE·schio
- le crâne, en italien — sch se dit « sk »
- lo zolfataro lo zol·fa·TA·ro
- le mineur de soufre — le métier de celui qui a dit ces mots
- la sepoltura la se·pol·TU·ra
- la sépulture — ce que le crâne réclame
- il muretto il mu·RET·to
- le petit mur — muro + le suffixe -etto, qui rapetisse tout
- la speranza la spe·RAN·za
- l’espoir — le titre du film où la chanson est née
- il cammino il cam·MI·no
- le chemin, la marche
Ce qu’elle apprend
Il suffisso -etto rimpicciolisce e addolcisce: muro → muretto, casa → casetta, pane → panetto.
Le suffixe -etto rapetisse et attendrit : muro → muretto, un petit mur. Il marche sur presque tout — casa → casetta, pane → panetto. C’est le premier outil pour parler comme quelqu’un d’ici plutôt que comme un manuel.
Ciuri ciuri
Populaire — recueilli par F. P. Frontini · 1883È l’aria che si sente a ogni festa, e nessuno la trova triste. Ciuri sono i fiori — e sono stornelli, quei versetti ironici che ci si scambia sull’amore e sui difetti dell’altro. Il ritornello dice: Ciuri, ciuri, ciuri di tuttu l’annu — l’amuri ca mi dasti ti lu tornu. Si può sentire come una promessa o come un congedo. Il testo cambia da un paese all’altro, perché è passato di bocca in bocca prima di essere scritto.
C’est l’air qu’on entend dès qu’il y a une fête, et personne ne le trouve triste. Ciuri, ce sont les fleurs — et ce sont aussi des stornelli, ces petits couplets moqueurs qu’on s’envoie sur l’amour et sur les défauts de l’autre. Le refrain dit : Ciuri, ciuri, ciuri di tuttu l’annu — l’amuri ca mi dasti ti lu tornu. « Des fleurs toute l’année : l’amour que tu m’as donné, je te le rends. » On peut l’entendre comme une promesse ou comme un congé, et c’est très bien ainsi. Le texte change d’un village à l’autre, parce qu’il a circulé de bouche en bouche avant qu’on l’écrive.
Les mots à connaître
- il fiore il FIO·re
- la fleur — ciuri en sicilien, fiore en italien
- l’amore la·MO·re
- l’amour — amuri en sicilien : le -e final devient -i
- tutto l’anno TUT·to LAN·no
- toute l’année
- dare DA·re
- donner — mi dasti, tu m’as donné
- tornare tor·NA·re
- rendre, retourner — ti lu tornu, je te le rends
- lo stornello lo stor·NEL·lo
- le stornello — court couplet improvisé, souvent moqueur
- la festa la FE·sta
- la fête — l’endroit où on l’entend
Ce qu’elle apprend
Il siciliano non è italiano pronunciato male, è un’altra lingua: le -e e le -o finali dell’italiano diventano -i e -u. Fiore → ciuri, amore → amuri.
Le sicilien n’est pas de l’italien mal prononcé, c’est une autre langue, et cette chanson en donne la règle la plus visible : les -e et les -o finaux de l’italien deviennent des -i et des -u. Fiore → ciuri, amore → amuri, tornò → tornu. Une fois qu’on l’entend, on comprend la moitié de ce que disent les vieux du village.
Continuer ailleurs
Cette page n’a pas de son, et c’est sa limite : on n’apprend pas à prononcer une langue sans l’entendre. Voilà où aller pour ça — et pour les heures d’exercices qu’un site de famille ne fera jamais.
Entendre la langue
S’exercer pour de bon
Vérifier un mot, un verbe
La méthode dont ce cours s’inspire est celle d’Assimil — leçons courtes, phrases entières, grammaire expliquée après coup. C’est un livre payant, et il vaut son prix si vous voulez aller vraiment loin. assimil.com ↗
S’entraîner
Douze exercices, corrigés tout de suite et expliqués. Une réponse fausse sans explication ne sert à rien : on retient l’erreur aussi bien que la solution.
Vous connaissez l’italien ?
Des questions tirées de ce cours — prononciation, conjugaison, phrases utiles, mots des chansons. Trois réponses possibles à chaque fois, et chacune vous dit où aller relire.
Choisissez un thème, ou lancez-vous sur tout.
